LUCA MARTINI 108

Statement

Trabajo con sistemas que interpretan una realidad y la ponen a disposición del observador. Cada obra parte de una estructura generativa —líneas, nodos, campos de flujo— que organiza la superficie hasta que el sistema mismo se vuelve lenguaje.

A medida que ese sistema se intensifica, deja de leerse como orden y empieza a producir desorientación: el ojo se ve obligado a desplazarse y a reconfigurar continuamente su recorrido. El relieve no es un acabado, es la sintaxis de ese lenguaje. La obra se activa con la luz del entorno, que modifica el brillo, la profundidad y el color de la superficie a lo largo del día; la veta de la madera y los grabados responden a esa variación, y la percepción nunca llega a fijarse.

Mi investigación actual se organiza en dos cuerpos de obra. El primero parte de la cimática, el estudio de cómo la materia responde a la frecuencia, y traduce esa lógica vibracional en topografías grabadas. El segundo se orienta al arquetipo. Ahí ocurre algo que no está planeado: cuando los sistemas se vuelven lo bastante densos, empiezan a aparecer figuras. Símbolos. La lógica generativa, llevada lo suficientemente lejos, deja de ser geometría abstracta y carga un peso primordial: rostros, organismos, patrones que se sienten más antiguos que su propia ejecución. En esa dirección trabajo con estructuras de las tradiciones visuales precolombina e hindú, no como cita sino como forma de pensar: cómo la repetición y la simetría codifican sentido sin volverse ilustración.

El color entró hace poco, pastel de óleo llevado a mano hacia los canales grabados. No se aplica sobre la estructura: vive dentro de ella. Lo pintado y lo tallado se vuelven inseparables.

Construyo los sistemas con precisión y después los tensiono con la materia. Me interesa el punto donde el control convive con la desviación, la irregularidad y la pérdida de definición, donde el sistema empieza a respirar. Busco llevar la percepción de la claridad a la desorientación, y de ahí al silencio.

I work with systems that interpret a reality and place it at the observer's disposal. Each work begins from a generative structure —lines, nodes, flow fields— that organizes the surface until the system itself becomes language.

As that system intensifies, it stops reading as order and begins to produce disorientation: the eye is forced to move, to reconfigure its path again and again. The relief is not a finish; it is the syntax of that language. The work is activated by the light around it, which shifts the brightness, depth and colour of the surface over the course of the day; the grain of the wood and the engravings respond to that variation, and perception never quite settles.

My current research is organized into two bodies of work. The first begins from cymatics, the study of how matter responds to frequency, and translates that vibrational logic into engraved topographies. The second turns toward the archetype. Something unplanned happens there: when the systems become dense enough, figures begin to appear. Symbols. Generative logic, taken far enough, stops being abstract geometry and carries a primordial weight: faces, organisms, patterns that feel older than their own execution. In that direction I work with structures from the pre-Columbian and Hindu visual traditions, not as quotation but as a way of thinking: how repetition and symmetry encode meaning without becoming illustration.

Colour entered recently — oil pastel worked by hand into the engraved channels. It is not applied over the structure: it lives inside it. The painted and the carved become inseparable.

I build the systems with precision and then strain them against matter. What interests me is the point where control coexists with deviation, irregularity and loss of definition, where the system begins to breathe. I want to carry perception from clarity into disorientation, and from there into silence.

Je travaille avec des systèmes qui interprètent une réalité et la mettent à la disposition de celui qui regarde. Chaque œuvre part d'une structure générative — lignes, nœuds, champs de flux — qui organise la surface jusqu'à ce que le système lui-même devienne langage.

À mesure que ce système s'intensifie, il cesse de se lire comme un ordre et commence à produire de la désorientation : l'œil est contraint de se déplacer, de reconfigurer sans cesse son parcours. Le relief n'est pas une finition, c'est la syntaxe de ce langage. L'œuvre s'active avec la lumière du lieu, qui modifie l'éclat, la profondeur et la couleur de la surface au fil de la journée ; le fil du bois et les gravures répondent à cette variation, et la perception ne se fixe jamais.

Ma recherche actuelle s'organise en deux corps d'œuvre. Le premier part de la cymatique, l'étude de la manière dont la matière répond à la fréquence, et traduit cette logique vibratoire en topographies gravées. Le second s'oriente vers l'archétype. Là se produit quelque chose qui n'est pas planifié : quand les systèmes deviennent assez denses, des figures commencent à apparaître. Des symboles. La logique générative, menée assez loin, cesse d'être une géométrie abstraite et porte un poids primordial : visages, organismes, motifs qui semblent plus anciens que leur propre exécution. Dans cette direction, je travaille avec des structures des traditions visuelles précolombienne et hindoue, non comme citation mais comme manière de penser : comment la répétition et la symétrie codent du sens sans devenir illustration.

La couleur est entrée récemment — pastel à l'huile mené à la main vers les canaux gravés. Elle ne s'applique pas sur la structure : elle vit à l'intérieur. Le peint et le gravé deviennent inséparables.

Je construis les systèmes avec précision, puis je les mets sous tension avec la matière. Ce qui m'intéresse, c'est le point où le contrôle cohabite avec la déviation, l'irrégularité et la perte de définition, là où le système commence à respirer. Je cherche à mener la perception de la clarté à la désorientation, et de là au silence.