LUCA MARTINI 108

Statement

Trabajo con campos: sistemas de líneas que se organizan alrededor de núcleos y fluyen entre ellos. Los grabo y los tallo en madera. No pinto el surco: desnudo la madera, y lo que aparece es el interior del material, no un pigmento. Por eso cambia con la luz del lugar y con la hora del día.

Durante años intensifiqué esos campos hasta que dejaron de leerse como orden. Después hice lo contrario: les quité la densidad. Lo que quedó cuando saqué las líneas fue un esqueleto, y ese esqueleto era una figura. Una cabeza, un pecho, brazos abiertos. No la busqué; estaba adentro del campo desde el principio.

Hoy mis trabajos se organizan en dos cuerpos. Cimática traduce la respuesta de la materia a la frecuencia en topografías grabadas. Arquetipo sigue a esas figuras que aparecieron al sustraer: entidades que abren los brazos, que bailan, que se repiten sin ser nunca iguales. Las pienso con estructuras de las tradiciones precolombina e hindú, no como cita sino como forma de pensar la repetición y la simetría.

Mi material es el de la carpintería industrial de mi familia: la placa, el tablero, la madera que se produce en serie. Lo sé y lo uso. Construyo los sistemas con precisión y los tensiono con la materia: la veta, el corte, el color trabajado a mano en los espacios que el sistema deja vacíos. Me interesa el punto donde el sistema empieza a respirar.

I work with fields: systems of lines that organise themselves around nuclei and flow between them. I engrave and carve them into wood. I do not paint the groove: I strip the wood bare, and what appears is the interior of the material, not a pigment. That is why it changes with the light of the room and the hour of the day.

For years I intensified those fields until they stopped reading as order. Then I did the opposite: I took the density away. What was left when I removed the lines was a skeleton, and that skeleton was a figure. A head, a chest, open arms. I did not look for it; it had been inside the field from the start.

Today my works are organised in two bodies. Cymatics translates the response of matter to frequency into engraved topographies. Archetype follows the figures that appeared through subtraction: entities that open their arms, that dance, that repeat without ever being the same. I think them through structures from the pre-Columbian and Hindu traditions, not as quotation but as a way of thinking about repetition and symmetry.

My material is that of my family's industrial carpentry: board, panel, wood produced in series. I know it and I use it. I build the systems with precision and strain them against matter: the grain, the cut, colour worked by hand into the spaces the system leaves empty. What interests me is the point where the system begins to breathe.

Je travaille avec des champs : des systèmes de lignes qui s'organisent autour de noyaux et circulent entre eux. Je les grave et je les taille dans le bois. Je ne peins pas le sillon : je mets le bois à nu, et ce qui apparaît est l'intérieur du matériau, non un pigment. C'est pourquoi il change avec la lumière du lieu et l'heure du jour.

Pendant des années j'ai intensifié ces champs jusqu'à ce qu'ils cessent de se lire comme un ordre. Puis j'ai fait l'inverse : je leur ai retiré la densité. Ce qui restait quand j'ai enlevé les lignes était un squelette, et ce squelette était une figure. Une tête, une poitrine, des bras ouverts. Je ne l'ai pas cherchée ; elle était dans le champ depuis le début.

Aujourd'hui mes travaux s'organisent en deux corps. Cymatique traduit la réponse de la matière à la fréquence en topographies gravées. Archétype suit les figures apparues par soustraction : des entités qui ouvrent les bras, qui dansent, qui se répètent sans jamais être identiques. Je les pense avec des structures des traditions précolombienne et hindoue, non comme citation mais comme manière de penser la répétition et la symétrie.

Mon matériau est celui de la menuiserie industrielle de ma famille : le panneau, la plaque, le bois produit en série. Je le sais et je m'en sers. Je construis les systèmes avec précision et je les mets sous tension avec la matière : le fil, la coupe, la couleur travaillée à la main dans les espaces que le système laisse vides. Ce qui m'intéresse, c'est le point où le système commence à respirer.